InTerreCo Grande muraille de Chine

La Grande Muraille de Chine : une Œuvre architecturale d’ingéniosité

InTerreCo pose un regard neuf sur les hauts lieux touristiques du monde. Les membres du collectif ambitionnent de questionner leurs impacts sur les territoires qui les hébergent, en termes d’attractivité et d’identité culturelle, voire de retombées socio-économiques et environnementales. Eu égard à cette ambition, quoi de mieux que d’étudier les 7 Merveilles du Monde Moderne sur une série de 7 articles ?! Pour le mois d’octobre, la seconde destination de notre périple des 7 Merveilles du Monde Moderne est la Chine ! Après avoir débuté notre voyage en Inde, à la découverte du Taj Mahal, nous allons aujourd’hui découvrir une autre merveille architecturale et d’ingéniosité : la Grande muraille de Chine.

La Grande muraille de Chine : héritage d’une prouesse stratégique militaire ingénieuse

La Grande Muraille de Chine fut élue, au cours dans l’année 2007, parmi l’une des 7 Merveilles du Monde Moderne. Mais dès 1987, elle avait fait son entrée dans le cercle très fermé des chefs-d’œuvre de l’humanité en étant classée au patrimoine mondial de L’Unesco. À l’image d’un dragon dominant montagnes, déserts, vallées et plateaux, ce monument impressionnant s’étend aujourd’hui de l’Est à l’Ouest, sur plus de 20 000 kilomètres. Cet édifice est aujourd’hui considéré comme le plus long mur au monde. 

Vidéo N°1

Véritable prouesse architecturale, la Grande Muraille de Chine est avant tout un exploit stratégique défensif unique au monde, datant d’une période aujourd’hui révolue. Dans sa conception, elle a été imaginée comme un système militaire d’une grande habilité destiné, dans un premier temps, à défendre l’empire (Ganster, P., & Lorey, D. E, 2004), comportant une multitude d’éléments stratégiques tels que des tours de guet, des forteresses ou encore des tours d’alarmes. 

Sa construction, débutée au IIIᵉ siècle avant J-C sous la dynastie Ming, s’est poursuivie jusqu’au XVIIᵉ siècle après J-C. Au cours de ces deux millénaires, la Grande Muraille a subi de nombreuses transformations : reconstruite à plusieurs reprises, et de manière plus élaborée, grâce aux découvertes de nouvelles techniques d’édification. D’une hauteur de 7.8 mètres en moyenne, elle peut atteindre 14 mètres à certains endroits. 

Ce chef-d’œuvre est le reflet des conflits et des échanges entre la civilisation nomade et agricole présente au sein de l’empire du Milieu. Durant des siècles, elle a symbolisé la puissance militaire et défensive du pays. Sans compter que tout cela illustre une ingéniosité architecturale, technologique ainsi que celles des arts militaires. 

L’édification de la Grande Muraille de Chine défie … l’espace et le temps

Construite en tant que fortification pour les états Zhao, Qin et Yan, elle fut par la suite étendue et rénovée durant des siècles. L’édification de la Grande Muraille traversa l’espace et le temps, les différentes provinces (Qinghai, Gansu, Shaanxi, Hebei, Shandong, Liaoning, Ningxia, Mongolie intérieure, Pékin) ainsi que les dynasties et les royaumes qui se succédèrent en Chine. Au départ indépendantes, les différentes parties de la muraille furent unifiées, sous l’empereur Qin Shi Huang. Elle constituait un moyen défensif de repousser la menace ennemie que représentaient les Huns. Sous la dynastie Han, la muraille fit l’objet d’extension afin de protéger la route de la Soie, débouché économique de premier plan pour le pays. 

D’une main d’œuvre hétérogène ….

On sait peu de choses sur les méthodes employées pour la construction. La Grande Muraille est probablement l’œuvre des soldats, des paysans et des prisonniers qui furent employés comme main d’œuvre pour bâtir ce joyau d’ingéniosité. En complément de la population rurale, des rebelles et des prisonniers politiques ont été mis à contribution.

Et de matériaux divers et variés. 

A l’image de la diversité des régions qu’elle traverse, la Grande Muraille de Chine a été construite à l’aide d’une grande diversité de matériaux : des pierres, de la terre, du sable ou encore des briques. 

Un monument aux valeurs universelles mis au service du rayonnement territorial 

La Chine s’érige au second rang des pays ayant le plus de sites inscrits au patrimoine Mondial de l’UNESCO, après l’Italie. C’est ainsi que l’empire du milieu compte une cinquantaine de sites détenant le label et soumis à une politique de préservation du patrimoine. Il est évident que le pays détient un fort et puissant héritage culturel et de somptueux paysages. Parmi la multitude de sites culturels, certains sont connus universellement comme le Palais d’été ou encore celui qui nous intéresse, la Grande Muraille de Chine (Meyer C, 2018).

La Grande Muraille  de Chine : un vecteur de la diffusion culturelle

Aujourd’hui encore, ce monument est un marqueur culturel au sein même du pays et à l’international. Il est considéré comme l’une des fiertés nationales du pays, symbole de toute une nation (O. Arifon, 2012). Pour preuve, il est présent dans le premier couplet de l’hymne national chinois. Ce chef-d’œuvre architectural est l’incarnation même de la puissance culturelle et militaire de la Chine. 

Devenu le site touristique le plus important en Chine, il témoigne de la capacité de la nation à préserver son patrimoine ainsi que son ouverture au monde. La Grande Muraille de Chine est une source d’inspiration dans divers domaines culturels tels que la peinture, la poésie ou le cinéma.

Un monument à forte portée symbolique 

Ce chef-d’œuvre d’ingénierie fut, au cours des siècles, associé à la mythologie et au symbolisme du pays. Elle est à l’image du peuple chinois, de sa clairvoyance, de  son courage et de sa persévérance. Sa présence rappelle aussi les nombreux sacrifices et la souffrance d’innombrables familles qui furent séparées, d’ouvriers qui périrent au cours de son édification et qui furent enterrés au pied des fondations. Elle est aussi le symbole de l’unification de tout un pays autour d’une cause commune Paradoxalement, elle revêt la volonté de toute une nation de se protéger du reste du monde et de préserver sa propre culture.

Un chef-d’œuvre au cœur de la culture populaire

La Grande Muraille inspira de nombreuses légendes, faisant aujourd’hui partie intégrante du folklore national. Une des légendes les plus célèbres est celle de Meng Jiangnu qui fit s’écrouler une partie du mur à la force de ses larmes, tant son chagrin fut grand suite au décès de son époux.

Une autre légende des plus connues est celle  Xifengkou : « un homme, au cours de la dynastie Qin, fut envoyé loin des siens pour contribuer à la construction du mur. L’hiver arrivant, le père du jeune homme, surpris que ce dernier ne revienne pas, partit à sa recherche. Durant le trajet, ils se croisèrent sur la colline Songtime. Heureux de se retrouver, ils rirent jusqu’à en mourir. C’est ainsi que le lieu où ils reposent a été renommé Xifengkou (passage du pic du bonheur) ».

Autre que ces légendes, ce chef-d’œuvre inspira de nombreux poètes au cours des siècles. Dans l’un des poèmes les plus connus, le président Mao a décrit ce chef-d’œuvre par ces mots : “ jusqu’à ce que vous atteigniez la Grande Muraille, vous n’êtes pas un héros” – symbole à ses yeux de la capacité à surmonter les difficultés avant d’atteindre les objectifs.

Aussi, la culture populaire qui entoure la Grande Muraille s’est développée grâce à la production de billets de banque et de pièces de monnaie, mais également de timbre.

La Grande Muraille de Chine face au tourisme

Il est important de savoir que le tourisme est une conséquence de l’inscription de nombreux sites en tant que patrimoine mondial de l’Unesco, causé par leur importance naturelle et culturelle. Ainsi, on leur reconnait une valeur de préservation et une valeur universelle au niveau mondiale, par la mise en lumière du site et par la stimulation qu’il engendre. Ainsi, le statut de patrimoine mondial va être considéré comme une marque (un label), garantissant une attractivité régionale, une expérience visiteur unique qui ne cesse d’en attirer de nouveaux et insufflant une fierté nationale (SU, MM & Wall, G, 2014).

En Chine, la Grande Muraille fut l’un des premiers sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987. En quelques années, elle est devenue la principale attraction touristique de l’empire du Milieu, voire de l’Asie tout entière. Chaque année, on note entre 15 et 16 millions de personnes qui visitent ce bijou d’ingéniosité militaire.

Au vu de cet engouement flagrant, le gouvernement chinois a décidé de mener des politiques de restauration de la Muraille. Néanmoins, les aménagements touristiques qui ont été conçus se sont très vite transformés en une menace pour la structure du monument. Il est important de savoir que la préservation du patrimoine et le développement  touristique sont deux concepts qui peuvent se caractériser par une symbiose mais également des tensions (Su, MM & Wall, G, 2014).

Un monument qui tend à disparaitre au fil des ans

Construit il y a près de deux millénaires, la Grande Muraille de Chine n’est aujourd’hui plus visible à son état originel. Selon une étude rendue publique par le gouvernement chinois, 30% de la Muraille a disparu, soit plus de 2000 km. Cela serait les conséquences des  nombreuses dégradations naturelles et humaines subi par le monument. 

Entre les années 60 et 80, nombreux sont les pillages qui ont eu lieu. Certains habitants qui résidaient tout au long du mur, faisaient usage des pierres de la muraille pour bâtir leur propre habitation. De par leur pauvreté, les pierres représentaient la seule matière première disponible et peu chère à leur portée. Par ailleurs, ces pillages se sont produits au cours d’une période bien particulière, la révolution culturelle, ou l’État chinois avait déclaré la nécessité de se débarrasser de toute trace du passé. La période de prospérité qui s’en est suivi a mis un terme à ces pillages. Toutefois, un fléau aussi inquiétant que le premier a émergé : les collectionneurs ou les amateurs de la muraille peuvent se procurer des pierres pour une valeur pécuniaire bien plus faible que leur valeur symbolique sur le marché noir. 

D’autre part, de nos jours, le tourisme devient une nouvelle menace pour la préservation du monument. En piétinant les pierres et en prélevant certaines directement de la structure, cela n’a fait qu’accélérer sa dégradation. Ainsi, c’est une part de l’histoire qui n’est plus visible à l’Homme d’aujourd’hui. Nombreuses sont les parties qui sont manquantes et qui appartenaient à des dynasties antérieures, à jamais disparues. 

Une réponse radicale de l’État chinois

L’ANPC (Administration National du Patrimoine Culturelle) a mené une campagne afin de lutter contre les dégradations criminelles réalisées à l’encontre de la Grande Muraille. Cette dernière a pour finalité de réaliser des inspections aléatoires et régulières de la muraille par les autorités. L’organisme a également mis en place une ligne téléphonique à destination des citoyens afin que ces derniers les informent du moindre acte de vandalisme. 

De surcroît, une législations a été instaurée afin de contribuer à la préservation de ce monument par le gouvernement chinois. Chacune des composantes de la muraille ont été classées comme des sites protégés par le gouvernement Chinois, par la loi de la République Populaire de Chine sur la protection des reliques culturelles. Promulguées au cours de l’année 2006, des réglementations relatives à la protection et à la préservation de la Grande Muraille de Chine,  constituent à elles seules un document destiné à la gestion et à la conservation du bien. À savoir qu’une série de plans de conservation de la Grande Muraille, soumise à de constantes améliorations et se voit étendue, va couvrir de nombreux niveaux. Des fonds sont également recueillis et des mesures de restauration et d’entretiens sont de vigueur. 

La Grande Muraille de Chine est à l’image de l’histoire de sa nation. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987, elle est devenue un monument aux valeurs universelles, reconnaissable de tous et connue à travers le monde. Elle a permis à la Chine de diffuser sa culture par l’intermédiaire des arts, que ce soit la peinture, la poésie ou encore son folklore. Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres monuments à travers le monde, elle subit le contrecoup de sa notoriété et des politiques touristiques mis en place : elle dépérit d’année en année, perdant peu à peu des pans entiers de son histoire. Face à ce constat, l’État chinois a pris un ensemble de mesures destinées à préserver la valeur symbolique de ce monument, qui constitue le cœur de son patrimoine culturel.

Bibliographie

Arifon, O. (2012). Chine : de la muraille à Internet, permanence du contrôle étatique. Hermès, La Revue, 63(2), 160-164.

Ganster, P., & Lorey, D. E. (Eds.). (2004). Borders and border politics in a globalizing world. Rowman & Littlefield Publishers.

Meyer, C. (2018). L’Occident face à la renaissance de la Chine : défis économiques, géopolitiques et culturels. Odile Jacob.

Su, MM et Wall, G. (2014). Participation communautaire au tourisme sur un site du patrimoine mondial : la Grande Muraille de Mutianyu, Pékin, Chine. Journal international de recherche touristique, 16 (2), 146-156.

 

InTerreCo vous souhaite un bel été 2020 !

[Pause : mois d’août 2020 !]

Notre blog sera temporairement inactif durant ce mois d’août 2020 en raison des vacances de plusieurs membres de notre Collectif. Nous serons de retour dès septembre prochain pour vous partager nos aventures dans l’univers du tourisme et du développement durable des territoires.

InTerreCo vous souhaite un bel été 2020 !

Nous vous remercions très sincèrement de nous suivre et pour la confiance témoignée durant ces premiers mois de vie de notre Collectif.

A très bientôt  !

 

 

Grand Site de France, InTerreCo.

Le Réseau des Grands Sites de France

Le Réseau des Grands Sites de France (RGSF) est une association française loi 1901, reconnue d’intérêt général, qui a été créée le 7 novembre 2000. Il regroupe différents organismes locaux qui ont pour vocation de gérer et de mettre en valeur des sites classés sur les territoires français. On y distingue aussi bien des sites ayant obtenu le label « Grand Site de France » attribué par le ministère de la Transition écologique que des sites non labellisés qui aspirent à l’obtenir.

Un Grand Site de France

Un Grand Site de France est un espace naturel et/ou culturel d’exception, généralement classé, qui fait l’objet d’une forte fréquentation touristique. Il est géré par différents organismes locaux (communautés de communes, syndicats mixtes, etc.) qui mettent en oeuvre des politiques fondées sur des valeurs communes en lien avec la préservation et la valorisation de ce(s) lieu(x) unique(s). Pour obtenir le label de « Grand Site de France », il est nécessaire d’intégrer le Réseau des Grands Sites de France (RGSF) et de répondre à un cahier de charges en rapport avec la préservation et la valorisation des périmètres du territoire concerné.

Deux membres de notre Collectif travaillent actuellement sur le volet marketing territorial d’une opération Grand Site de France dans la Communauté de Communauté de Communes du Grand Chambord (CCGC). Des dires de la directrice du RGSF, Soline Archambault, c’est la première fois qu’une stratégie de marketing territorial est pensée en amont et en cours d’une opération visant à l’attribution du label « Grand Site de France ». Ce qui constitue un réel atout pour le territoire du Grand Chambord et une véritable opportunité pour d’autres territoires français qui souhaitent s’inspirer d’une telle démarche.

Le label des Grands Sites de France met en valeur des paysages exceptionnels, à découvrir sur tout le territoire.

Le Routard (février, 2019).

Vidéo – Le Routard : le Réseau des Grands Sites de France

Une mission de préservation, de gestion et de valorisation

L’une des principales finalités d’une Opération Grand Site (OGS) est la restauration des espaces dits remarquables de par leur renommée et leur fréquentation touristique. En concertation avec les différentes parties prenantes concernées par la gestion du périmètre faisant l’objet de l’OGS, le RGSF accompagne la politique de restauration, de préservation des sites, de gestion des flux touristiques, de participation des locaux à la vie du Grand Site, d’amélioration de la qualité des visites et du partage équitable des retombées économiques entre les différents acteurs locaux. Cet accompagnement est fait dans le cadre des directives fixées par le ministère de la Transition écologique pour l’obtention du label d’excellence « Grand Site de France » (valable 6 ans renouvelable et inscrit au code l’Environnement – loi Grenelle 2 du 10 juillet 2010). C’est un label qui témoigne de la réelle volonté d’un site et/ou d’un territoire de s’inscrire dans une logique de développement durable, voire d’économie sociale et solidaire. C’est le cas aujourd’hui dans la Communauté de Communes du Grand Chambord où l’intercommunalité mène une OGS en partenariat avec le Domaine national de Chambord.

Communauté de Communes du Grand Chambord (CCGC).
Communauté de Communes du Grand Chambord (CCGC).

« Actuellement, on peut percevoir ce territoire comme une association d’acteurs locaux disposant de réels atouts dans les volets du tourisme patrimonial, du tourisme de nature, de l’œnotourisme et des activités de loisirs sportifs. Le Grand Chambord est animé par des dynamiques indépendantes avec en son centre le lieu de forte attraction touristique : le Domaine national de Chambord.
Ce fonctionnement « autonome » des entités locales s’illustre également par un émiettement des flux d’entrée et de sortie du territoire. Une mutualisation des flux permettrait de créer une véritable porte d’entrée intercommunale par laquelle se dessinerait un cheminement destiné à découvrir et redécouvrir tous les atouts du Grand Chambord.
Si le rayonnement de la commune de Chambord/ Domaine national de Chambord à l’échelle micro et macro n’est plus à démontrer, l’interconnexion avec les pôles locaux doit être renforcé à l’échelle intercommunale ».

Tout comme l’illustre ces propos de Maxime Dargenton, membre du Collectif « In-Terre-Co », la démarche InTerreCo vise à répondre au besoin d’association et de participation des différents acteurs locaux à la politique de préservation, de gestion et de valorisation des territoires, voire des Grands Sites de France.

Un large réseau

Le RGSF compte aujourd’hui 47 Grands sites membres (labellisés ou non) qui sont présentés sur le site Internet du réseau. Il est un espace de réflexions, d’innovations et d’échanges de bonnes pratiques (savoir-faire) entre les différents acteurs gestionnaires.

Logo associé à un un territoire et/ou lieu ayant obtenu le label Grand Site de France.
Logo associé à un territoire et/ou lieu ayant obtenu le label Grand Site de France.

InTerreCo Grand Chambord

InTerreCo dans le Grand Chambord

La pérennité des territoires est au cœur de la démarche « InTerreCo ». Notre objectif principal est d’instaurer un espace de « Coworking » pour les jeunes auto-entrepreneurs qui s’inscrivent dans une logique de développement durable et responsable. Le premier projet du Collectif est porté par deux jeunes auto-entrepreneurs qui travaillent dans le cadre d’une opération Grand Site de France.

Koffi Selom Agbokanzo et Maxime Dargenton accompagnent le Grand Chambord dans son intégration au Réseau des Grands Sites de France, ainsi que dans son projet lié à l’obtention du label « Grand Site de France » attribué par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Ils sont en charge du volet « marketing territorial » qui a pour vocation de contribuer activement à l’élaboration d’une stratégie de développement touristique durable et responsable sur le territoire.

Pourquoi le Grand Chambord ?

« Premier territoire français à nous faire confiance, nous avons pour mission de concevoir sa stratégie de marketing territorial en plaçant le local au cœur des dynamiques touristiques. Cette approche est vital dans le contexte actuel de crise sanitaire (Covid19) où les différents paradigmes de l’industrie du tourisme sont remis en cause ».

En 2018, l’industrie mondiale du tourisme compte près de 1,4 milliards de touristes étrangers, soit une hausse de 5,4% par rapport à 2017*. Avec 89,3 millions de touristes étrangers en 2018, la France a bénéficié de cette progression.
Les prévisions de 2019 se fondaient sur une montée de la fréquentation touristique étrangère. Cependant, la crise du Covid19 remet en cause ces perspectives optimistes et de fait, oblige à revoir les stratégies de développement touristique. L’offre touristique doit désormais séduire en priorité une clientèle locale, régionale et nationale. Pour les chercheurs et les praticiens en marketing du tourisme, les réflexions se structurent autour d’une question centrale : « comment les territoires vont-ils s’adapter au nouveau paradigme du tourisme ? »

Ce projet que nous menons dans la Communauté de Communes du Grand Chambord rentre pleinement dans ces réflexions sur un tourisme qui se doit de répondre aux nouvelles exigences socio-politiques, économiques, voire écologiques du secteur. Il s’agit essentiellement de concevoir une stratégie de marketing territorial en prenant en compte les considérations de chaque partie prenante sur le territoire.

Communauté de Communes du Grand Chambord.
Communauté de Communes du Grand Chambord.

Pourquoi s’inscrire dans l’opération Grand Site de France ?

Nous pouvons dire que nous partageons des valeurs communes dans la mesure où notre texte fondateur répond en partie à certains principes forts du Réseau des Grands Sites de France, à savoir :

  • un respect de « l’esprit des lieux » propre à chaque site,
  • une prise en compte du volet pédagogique dans l’accueil des publics, 
  • une bonne gestion des flux de fréquentation touristique, 
  • une association des résidents aux politiques de développement touristique, 
  • et une prise en compte des différents acteurs économiques à l’échelle locale dans l’élaboration des stratégies touristiques.

Répondre à ces différentes préoccupations est au cœur des missions stratégiques que nous menons sur le volet marketing territorial. Nous considérons que les territoires sont en constante évolution au fur et à mesure des mutations économiques, des mobilités humaines et des interactions socioculturelles entre les différents acteurs. Pour reprendre les mots de Escadafal (2015)** :

« le territoire est un système complexe dans lequel on retrouve plusieurs réseaux d’acteurs et différentes identités ».

 

* Source : Organisation Mondiale du Tourisme (OMT).

** Escadafal A. (2015), Des territoires aux destinations touristiques : la fin d’une illusion ? Sud-Ouest européen – Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, 39, 55-63.

InTerreCo

L’aventure InTerreCo

C’est l’histoire d’une rencontre entre cinq jeunes qui partagent une vision de tourisme durable et responsable. Elle trouve son fondement dans une industrie du tourisme qui se doit de prendre en compte les impacts socio-économiques et écologiques de ses activités sur les territoires. Ce premier article résume l’essence du Collectif et donne des informations sur les fondateurs, leurs objectifs et leur vision commune.

Une identité visuelle

Nos couleurs et le nom « In-Terre-Co » font référence à la « terre » dans une logique de « territoires interconnectés ». Ils traduisent l’essence même du collectif InTerreCo qui se structure autour d’une forte volonté de travailler en communauté. En effet, c’est cet esprit de co-construction de savoirs en partant des spécificités de chacun qui a animé les premières rencontres en Brenne (Indre – Centre Val de Loire). 

InTerreCo
Auto-entrepreneurs – territoires – interconnectés.

Identité visuelle réalisée par Tiinga KPEMA.

Parti de l’initiative de deux amis, Koffi Selom AGBOKANZO et Maxime DARGENTON, le collectif s’étend aujourd’hui à trois autres personnes qui ont rejoint l’aventure en avril 2020 : Marie-Georges FAYN, Christine Essenam LAWSON et Tiinga KPEMA. Sa vie est essentiellement construite autour de projets qui sont co-portés et/ou co-pilotés dans une finalité commune par les différents membres.

Une vision commune

La richesse d’InTerreCo réside non seulement dans les spécificités de ses membres, mais aussi dans la capacité de ces derniers à donner une forme collective à leurs spécificités. Les chercheurs d’InTerreCo inscrivent les concepts, les ressources théoriques et méthodologiques du marketing dans une finalité collective. Leur approche s’enrichit des apports d’une équipe de professionnels intervenant dans les disciplines complémentaires que sont les sciences de l’information et de la communication, la géographie, l’urbanisme, la sociologie, l’économie et l’informatique. Dans cet esprit, la pensée de Lazer (1969)* sous-tend la vision commune du Collectif :

« le marketing doit servir non seulement les entreprises, mais aussi les buts de la société. Il doit agir avec l’intérêt public général car le marketing ne se limite pas à la transaction vente-achat, ses responsabilités dépassant la réalisation des profits ».

Par ailleurs, InTerreCo aspire à jouer un rôle clé dans l’instauration et l’accompagnement de dynamiques entrepreneuriales sur les territoires. Il s’agit essentiellement de remettre les résidents (entrepreneurs locaux, et habitants) au cœur de la politique touristique car ils ont un rôle actif à jouer dans le développement de leur territoire.

En effet, tous les résidents ont une connaissance intime de leur lieu de vie. Les inviter à devenir partie prenante de leur attractivité est un des défis majeurs que doivent relever les acteurs gestionnaires des territoires pour les années à venir. L’intérêt de la démarche que nous menons avec ces territoires réside dans la capacité à associer chacun au processus de valorisation. 

Un label pour les auto-entrepreneurs

« InTerreCo / Auto-entrepreneur » est un label attribué sur une période déterminée** à des auto-entrepreneurs qui respectent les principes fondateurs. L’intégration au label se fait par lettre notifiée des deux propriétaires de la marque, à savoir Koffi Selom AGBOKANZO et Maxime DARGENTON.

 

* Lazer W. (Janvier 1969), Marketing’s Changing Social Relationships, Journal of Marketing, Vol. 33, N° 1, pp. 3-9.

** Période qui peut être renouvelée plusieurs fois après validation des propriétaires de la marque.